Le Téléval (94) soumis prochainement à l’appréciation du public

Publié le par Jean-Pierre Roux

Le Téléval (94) soumis prochainement à l’appréciation du public

Avertissement : les caractéristiques du système Téléval décrites ci-après, datent de novembre 2014. L'image représente une cabine du téléphérique de Brest.

Le 14 novembre 2014 j’avais rencontré le Chef de projet du Téléval de l’époque, Monsieur Yoann Rispal, alors que j’étais bénévole dans une association qui avait pour objectif principal de réhabiliter l’éthique en politique en luttant contre la corruption et en préconisant l’exemplarité des élus.

Tout comme nous l’avions fait pour le projet de Transport collectif en site propre (TCSP) allant du carrefour Pompadour à la gare du RER A de Sucy, nous voulions savoir comment était né ce projet et suivre son évolution au cours des prochaines années. Suivre son évolution du point de vue des coûts et du point de vue de son planning de réalisation.

Il n’est pas inutile de préciser que le Téléval est un projet de transport urbain très particulier puisqu’il s’agit, comme l’indique son nom, d’un téléphérique urbain devant relier Villeneuve-Saint-Georges à Créteil en passant par Valenton et Limeil-Brévannes. Ce système de transport, sur un site urbain, n’est pas classique, encore qu’il se développe en France…comme dans le monde. Ce projet de téléphérique urbain présentait donc un intérêt particulier d’autant que c’est une première en Île-de-France.

Et qui dit système nouveau dit risques technique et financier. Raison de plus pour s’y intéresser. Le projet du Téléval qui a débuté en 2008 a été validé par le Syndicat des Transports d'Île-de-France le 26 septembre 2013 et il devait voir le jour, à l’époque, en 2018.

Selon le Conseil départemental (ex Conseil général), les communes de Villeneuve-Saint-Georges, Valenton et Limeil-Brévannes du fait de leur développement exceptionnel, pâtissent d’une saturation routière qui affecte le réseau de bus et engendre d’importantes nuisances environnementales. Devant ce constat, le Conseil départemental du Val-de-Marne et le Syndicat des Transports d’Île-de-France ont réalisé - depuis 2008 - plusieurs études afin de déterminer une solution de transport pertinente et efficace.

Après plusieurs analyses comparatives, la solution de téléphérique urbain s’est imposée. Alors pourquoi un téléphérique ? Tout simplement pour franchir au moindre coût des « barrières urbaines» situées entre la plaine Centrale et le plateau Briard. Ces obstacles, ce sont principalement la RN 406, la gare de triage de Valenton, les lignes à haute tension et une ligne TGV.

Bien sûr, comme tout projet de transport, la qualité de son intégration dans l’environnement urbain sera un élément crucial dans la réussite du projet. Une attention toute particulière sera portée à l’intégration des pylônes supportant les câbles porteurs et traction des cabines. Et tout particulièrement au passage des « barrières urbaines » où ils devront atteindre ponctuellement une hauteur d’environ 30 mètres pour permettre aux cabines le franchissement de ces barrières.

L’étude des différents tracés a été confiée par le STIF en tant que Maître d’ouvrage, à l’entreprise d’ingénierie SYSTRA. Son coût en 2014 s’élevait à 215 000 €, ce qui semble modeste.

La ligne aura une longueur de 4,5 kilomètres et desservira 5 stations dont 2 terminus (Pointe du Lac et Le Bois-Matar à Villeneuve Saint Georges). Elle aura une correspondance directe avec la ligne 8 du métro et le bus 393 à la station Pointe du Lac.

Les principales caractéristiques commerciales et financières annoncées pour cette ligne nouvelle seront :

  • Intervalle minimal entre cabines : 60 sec. pouvant descendre à 30 sec. selon le Chef de projet.
  • Capacité d’une cabine : 15 voyageurs (environ). Le journal Le Parisien du 27/09/16 annonce 10 voyageurs par cabine…
  • Vitesse commerciale : environ 21 km/h
  • Capacité de transport maximale prévue à l’heure de pointe : 1 600 voyageurs par sens
  • Trafic journalier attendu par jour : 13 000 voyageurs
  • Coût du projet : 72 millions € (avec une marge d’erreur de 20%). Néanmoins le journal Le Parisien du 27/09/16 annonce un nouveau coût de 120 millions. Si ce chiffre s’avère exact, c’est une augmentation, marge d’erreur comprise, de près de 40% !
  • Mise en service : 2018. Le journal Le Parisien annonce le début des travaux en 2019 et une mise en service qui pourrait avoir lieu en 2021, soit déjà 3 ans de retard.

Pierre Garzon (PCF), VP du Conseil départemental en charge des transports déclarait dernièrement au journal Le Parisien « maintenant que le projet est acté, le respect du calendrier devient notre cheval de bataille ». Non Monsieur Garzon, le projet est acté depuis belle lurette et il accuse à ce jour déjà grosso modo 3 ans de retard dus à des aléas dont le Conseil départemental n’est pas toujours responsable, reconnaissons le.

JP Roux

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